L’Haltérophilie olympique et la thérapie Adaptive Bodywork

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Evgueni Levanov - Entrainer Personnel and Strength Coach

Au cours de ma carrière en entraînement d’haltérophiles olympiques, j’ai vu plusieurs types d’athlètes et plusieurs types d’entraîneurs. Nul n’ignore que les haltérophiles expérimentés sont forts, puissants, rapides et bien coordonnés, entre autres qualités. Ils savent déplacer beaucoup de poids rapidement et exécutent gracieusement leurs tours de force. La plupart des entraîneurs ont une bonne idée des positions de départ, de propulsion et d’extension et peuvent aider leurs athlètes à développer une bonne trajectoire. Il y a cependant un aspect clé dans la performance olympique que plusieurs entraîneurs ne peuvent pas inculquer aux débutants. Songeons à ceux qui désirent se lancer dans ce domaine sans avoir la souplesse nécessaire aux exigences considérables du sport. 

Avant de découvrir par hasard la pratique Adaptive Bodywork, la mobilité avait toujours été le plus grand défi pour moi, comme pour plusieurs, en tant qu’entraîneur enseignant l’arraché et l’épaulé-jeté. On venait souvent me voir, avide de conseils, pour améliorer ces deux mouvements, mais je remarquais que les haltérophiles pouvaient à peine tenir la barre sur leurs épaules dans la position de propulsion, la maintenir au-dessus de leur tête en extension, ni même simplement assumer une position lombaire correcte pour se pencher au sol avant d’entreprendre l’arraché. L’approche traditionnelle est de pousser ces athlètes à exécuter ces mouvements avec des poids plus légers, notamment en utilisant des techniques compensatoires pour atteindre des positions semblables aux objectifs du sport et en progressant graduellement vers un alignement corporel correct. Cette approche, qui représentait pendant longtemps l’outil principal des entraîneurs, n’est toutefois pas sans douleur et mène à une progression molle et maladroite.

En ayant moi-même recours à cette approche, j’étais devenu sans le vouloir le roi de la compensation! Même sans aucune mobilité au niveau des hanches ou des chevilles, je pouvais amener un athlète à exécuter une flexion des jambes, ou encore pousser un athlète sans mobilité dans les épaules à se lancer en extension. Ces compensations n’étaient pas très efficaces, mais elles suffisaient à la tâche. Après tout, les gens veulent s’y mettre et c’était la façon la plus simple d’atteindre des résultats en quelques sessions sans avoir recours à des étirements quotidiens, au yoga, ou à des sessions thérapeutiques hebdomadaires pour traiter le tissu mou. Après tout, ils voulaient faire de l’haltérophilie, pas perdre leur temps. Même si les athlètes à ma charge étaient satisfaits de mon approche, au fond, je savais qu’elle n’était pas la meilleure et je me sentais coupable de ne pas savoir surmonter ce défi.

Puis, j’ai découvert la technique thérapeutique Adaptive Bodywork. Après seulement quelques traitements, je pouvais aider un athlète à effectuer une flexion complète et profonde des jambes, comme par magie. Idem pour la propulsion, l’extension et la position de départ. Non seulement le progrès était beaucoup plus rapide, mais les athlètes exécutaient les mouvements sans de longues répétitions malhabiles qui ne faisaient que renforcer les mauvaises habitudes. En plus, je n’avais plus besoin, ou presque, des compensations qui avaient toujours été nécessaires. La pratique Adaptive Bodywork a maintes fois prouvé son efficacité : les clients remarquent la différence dès la première session.

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Adaptive Bodywork Unit I Certification - CrossFit Montreal - Oct 18-19, 2014

En appliquant les techniques Adaptive Bodywork, je peux maintenant faire faire aux athlètes les mouvements visés plus rapidement et avec moins de risques de blessures. La technique Adaptive Bodywork me permet de développer la longueur, la différentiation et l’équilibre dans le tissu conjonctif afin d’exécuter un mouvement complet avec moins de tension et de résistance dans le système de soutien. L’amplitude et la compétence des mouvement sont essentielles en haltérophilie ; pourtant, elles sont souvent négligées ou contournées. Je vois encore des entraîneurs qui poussent leurs clients à faire des cycles répétitifs de levés écrasants, avec une forme et un alignement malsains dans l’espoir de pouvoir un jour effectuer un bel épaulé-levé ou un arraché. Ce but reste hors de portée pour plusieurs athlètes frustrés et pour leurs entraîneurs qui n’abordent jamais la mobilité, au-delà de quelques simples étirements. L’approche Adaptive Bodywork représenterait pour eux le graal, leur donnant accès à un nouveau niveau de mouvement et de potentiel. J’en ai vu la preuve chez mes propres athlètes : la technique Adaptive Bodywork change réellement la donne en haltérophilie olympique. J’ai hâte de voir d’autres entraîneurs et athlètes dans la communauté adopter cette technique puissante et découvrir ses bienfaits.